Testi magici: Les secrets merveilleux du Petit Albert

 

French Grimoire
Published: Lyon, Héritiers de Beringos fratres, 1782.

SECRETS
MERVEILLEUX
DE LA MAGIE NATURELLE
ET CABALISTIQUE
DU PETIT ALBERT,
Traduits exactement sur l’original
latin, intitulé:

ALBERTI PARVI LUCII
Libellus de mirabilibus naturæ
arcanis.
Enrichis de Figures mystérieuses; & la
maniere de les faire.
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AVERTISSEMENT

QU’IL FAUT LIRE.

VOici une nouvelle édition du livre des merveilleux secrets du Petit Albert, connu en Latin soius le titre de Alberti Parvi Lucii Libellus de mirabilibus naturæ arcanis: l’auteur, à qui on l’attribue, ayant été un de ces grands hommes, qui par le peuple ignirant ont été accusés de magie; (c’étoit autrefois le sort de tous les grands esprits qui possédoient quelque chose d’extraordinaire dans les sciences, de les traiter de magiciens.) C’est peut-être par cette raison que ce petit trésor est devenu si rare; parce que les superstitieux ont fait scrupule de s’en servir, il s’est presque comme perdu: car une personne distinguée dans le monde a eu la curiosité (à ce que l’un assure) d’en offrir plus de mille florins pour un seul exemplaire; encore ne l’a-t-on pu découvrir que depuis peu dans la bibliotheque d’un très-grand homme qui l’a bien voulu donner, pour ne plus priver le public d’un si riche trésor. On pourra s’en servir à présent à peu de frais, avec utilité & beaucoup de profit. Les curieux ne s’attacheront pas au langage vieux & peu poli de ce livre; on a mieux aimé le laisser comme on l’a trouvé, que d’y changer quelque chose, de peur d’en altérer le véritable sens. Au reste, on ne sera pas fâché que l’on ait ajouté à la fin de ce trésor, encore quelques secrets merveilleux, donnés par une personne d’une grande expérience; & comme il est parlé souvent dans ce recueil, de préparer quelques secrets aux heures des planetes, on trouvera à la fin de ce livre des tables qui marquent l’heure de la levée du soleil pour tous les jours de l’année, afin de ne se point tromper sur les heures que chaque planete gouverne: car il faut savoir qu’il faut compter la premiere heure depuis la levée de soleil, & non pas à minuit, comme quelques-uns ont prétendu par erreur.
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LE TRÉSOR? DES? MERVEILLEUX SECRETS


LE véritable curieux, qui desire de profiter dans les secrets les plus rares & les plus cachés de la nature, doit, avec épanchement de c?ur, ouvrir les yeux de son entendement sur ce que je lui ai ramaffé avec beaucoup de soin & d’exactitude dans ce petit volume.

Il peut bien être appellé un trésor universel, puisque dans sa petitesse il renferme des merveilles capables de faire plaisir à tout le genre humainLe noble comme le roturier; le négociant de ville comme le laboureur de la campagne; l’homme de guerre comme le pacifique; le damoiseau comme la jouvencelle; la femme grosse comme la pucelle, & sur-tout le bon conducteur de sa famille, prendront tous en gré ce que mes propres expériences ont éprouvé à leur avantage, & pour satisfaire leurs plus vives inclinations & leurs plus empressés desirs.

Or, afin de garder quelque ordre méthodique dans ce mien ouvrage, & de le rendre plus utile & plus agréable à mes lecteurs, je distinguerai les matieres chacune séparément, de peur que le mêlange indiscret n’apporte une confusion embarrassante; je veux dire, que quand je traiterai, par exemple, des secrets de l’amour ou de la guerre, je proposerai tout de suite, & sans interruption, ce que je voudrai donner sur ces sujets: ou, si par une liaison naturelle, je traite ailleurs de quelques secrets qui conviennent à l’amour ou à la guerre, j’en avertirai mes lecteurs, en leur indiquant les endroits où ils pourront trouver ces secrets.

Il est bon d’avertir pareillement mes lecteurs, que, tout surprenans que puissent paroître les secrets que je leur propose dans ce petit volume, ils n’excedent point les forces occultes de la nature; c’est-à-dire, de tous les êtres créés qui sont épars dans ce vaste univers, soit dans les cieux, dans les airs, sur la terre & dans les eaux. Car ainsi qu’il est écrit que le sage dominera les astres, par sa prudence, de même doit-on être persuadé que les astres par leurs aimables influences profiteront au sage qui sera instruit de leur ascendant.

Or, il est besoin de savoir que par l’ascendant des astres on doit entendre leurs favorables dispositions entre elles; comme font leurs aspects ou regards, leurs entrées & demeure dans les signes célestes. Par le mot astres, on entend communément les planetes qui ont leur jour propre dans le cours de la semaine; le Soleil pour le dimanche, la Lune pour le lundi, Mars pour le mardi, Mercure pour le mercredi, Jupiter pour le jeudi, Vénus pour le vendredi, Saturne pour le samedi.

Ceux qui n’ont point étudié dans les sciences sublimes de la philosophie & astronomie, pourront, ou consulter les astrologues, ou se servir d’un bon almanach quand ils voudront mettre en pratique quelque secret qui dépend des aspects ou conjonction des astres, afin que l’exactitude qu’ils apporteront dans l’opération qu’ils feront, rendre l’issue bonne, utile & favorable.

Que l’on n’attribue point à magie ou diablerie, si dans quelques-uns des merveilleux secrets que je donnerai, on se sert de certains paroles ou figures; car elles ont leur vertu & efficacité indépendamment de la magie, & les anciens sages hébreux s’en sont servis avec beaucoup de religion. L’histoire & la chronique de France nous apprennent que Charlemagne reçut d’un pape un petit livre qui n’étoit composé que de figures & de paroles mystérieuses, dont ce prince se servit fort heureusement dans une infinité d’occasions, & ce petit livre a pour titre, enchiridium Leonis papæ. Les merveilles que ce petit livre a produites en faveur de ceux qui s’en sont servis, l’ont rendu recommandable en dépit de ceux qui l’ont voulu décrier comme superstitieux.

Enfin j’avertis mes lecteurs qu’ils ne trouveront rien de commun & de trivial dans ce mien petit ouvrage; c’est comme un extrait & un élixir de ce que la nature perfectionnée & aidée de l’art, a de plus merveilleux dans ses vertus occultes; je ne me laisse point séduire à la vanité en les produisant comme de moi-même & de mon estoc: j’avoue ingénument que je les ai tirés des écrits des plus fameux philosophes qui ont pénétré avec une admirable application tout ce que la nature a de plus curieux & de plus caché; il est vrai que je ne les propose pas ici avec témérité, puisqu’il n’y en a presque pas un dont je n’aie eu le plaisir de faire l’expérience par moi-même.

De l’amour réciproque de l’homme & de la femme.

Comme il n’y a rien de plus naturel à l’homme d’aimer & de se faire aimer, je commencerai l’auverture de mon petit trésor par les secrets qui conduisent à cette fin; & sans m’amuser à invoquer Vénus & Cupidon, qui sont les deux divinités dominantes sur cette noble passion de l’homme, je dirai que dame nature, qui fait toutes choses pour l’homme, produit tous les jours grand nombre de créatures qui lui deviennent favorables dans le succès de ses amours. L’on trouve assez souvent au front du poulain de la cavale un morceau de chair, dont je donne ici la figure, qui est d’un merveilleux usage en fait d’amour: car si l’on peut avoir ce morceau de chair que les anciens ont appellé hippomanes, on le fera sécher dans un pot de terre neuf vernissé, dans un four, quand le pain en est tiré, & en le portant sur soi, & le faisant toucher à la personne dont on voudra être aimé, on réussira: si l’on peut avoir la commodité d’en faire avaler seulement la grosseur de deux pois dans quelque liqueur, confiture ou ragoût, l’effet sera encore infaillible; & comme le vendredi est le jour consacré à Vénus, qui préside aux mysteres d’amour, il sera bon de faire l’expérience ce jour-là. Voyez ce que dit le célebre Jean-Baptiste Porta, des surprenantes propriétés de l’hippomanes pour causer l’amour.
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Autre pour l’amour.

Tirez de votre sang un vendredi du printems; mettez-le sécher au four dans un petit pot, comme est dit ci-dessus, avec les deux couillons d’un lievre & le foie d’une colombe: réduisez le tout en poudre fine, & en faites avaler à la personne sur qui vous aurez quelque dessein, environ la quantité d’une demi-drachme; & si l’effet ne suit pas à la premiere fois, réitérez jusqu’à trois fois, & vous serez aimé.

Autre pour l’amour.

Vivez chastement au moins cinq ou six jours, & le septieme, qui sera le vendredi, si faire se peut; mangez & bovez des alimens de nature chaude qui vous excitent à l’amour; & quand vous vous sentirez dans cet état, tachez d’avoir une conversation familiere avec l’objet de votre passion, & faites ensorte qu’elle vous puisse regarder fixement, vous & elle, seulement l’espace d’un ave Maria: car les rayons visuels se rencontrant mutuellement, seront de si puissans véhicules de l’amour, qu’ils pénétreront jusqu’au c?ur, & la plus grande fierté & la plus grande insensibilité ne pourront leur résister. Il est assez difficile de réduire une fille, qui a de la puder, à regarder fixement un jeune homme durant quelque espace de tems; mais on la pourra obliger à cela, en lui disant, en badinant, qu’on a appris un secret de deviner par les yeux, si l’on doit être bientôt marié, si l’on vivra long-tems, si l’on sera heureux dans son mariage, ou quelqu’autre chose semblable qui flatte la curiosité de la personne, & qui la fasse résoudre à regarder fixement.

Autre pour l’amour.

Ayez une bague d’or garnie d’un petit diamant, qui n’ait point été portée depuis qu’elle est sortie des mains de l’ouvrier, enveloppez-la d’un petit morceau d’étoffe de soie, & la portez durant neuf jours & neuf nuits, entre chemise & chair à l’opposition de votre c?ur. Le neuvieme jour, avant soleil levé, vous graverez avec un poinçon neuf en dedans de la bague ce mot, Scheva. Puis tacherez par quelque moyen d’avoir trois cheveux de la personne dont vous voulez être aimé, & vous les accomplerez avec trois des vôtres, en disant: ô corps, puisse-tu m’aimer, & que ton dessein réussisse aussi ardemment que le mien, par la vertu efficace de Scheva! Il faudra nouer ces cheveux en lacs d’amour, ensorte que la bague soit àpeu-près enlacée dans le milieu du lac; & l’ayant enveloppée dans l’étoffe de soie, vous la porterez derechef sur vorte c?ur autres six jours, & le septieme jour vous dégagerez la bague du lac d’amour, & ferez ensorte de la faire recevoir à la personne aimée: toute cette opération se doit faire avant le soleil levé & à jeun.

Autre pour l’amour.

Pour ne rien dire qui choque la bienséance, je ne copierai point ici ce que j’ai lu dans un très-habile médecin, touchant la vertu nompareille du sperme ou semence humaine pour induire à l’amour, d’autant que l’expérience ne s’en peut faire sans violenter la nature qui nous fournit assez d’autres moyens. Ayez donc plutôt recours à l’herbe que l’on nomme ennula campana, dont je donne ici la figure.

Enula Campana

Il faut la cueillir à jeun la veille de la saint Jean au mois de juin avant soleil levé, la faire sécher, réduire en poudre avec de l’ambre gris; & l’ayant portée durant neuf jours sur votre c?ur, vous tacherez d’en faire avaler à la personne dont vous desirez d’être aimé, & l’effet suivra. Le c?ur d’hirindelle, de colombe, de passereau, mêlé avec le propre sang

Contre l’ivresse du vin.

Comme l’homme n’a rien de plus estimable que sa raison, et qu’il arrive souvent de la perdre par l’excès du vin, il est convenable de lui donner quelque préservatif pour s’en garantir. Quand vous serez convié à quelque repas, ou vous craindrez de succomber à la douce violence de Bacchus, vous boirez avant que de vous mettre à table deux cuillewrées d’eau de bétoine et une cuillerée de bonne huile d’olive, et vous pourrez boire du vin en toute sûreté. Vous prendrez garde le verre ou la tasse dans quoi on vous servira à boire ne sente point la sariette ou la rapure d’ongles, car ces deux ingrédients contribuent beaucoup à l’ivresse. Si l’on s’est laissé surprendre par le vin il faul, pour l’homme, qu’il enveloppe ses mains et ses pieds dans un linge qui soit imbibé de fort vinaigre, et que la femme qui a succombé à l’ivresse, mette un semblable linge sur ses seins: l’un et l’autre reviendront en leur bon sens.

Pour rétablir le vin gâté.

J’ai éprouvé plus de cent fois que le vin tourné se rétablit en la manière suivante: si c’est vers la saison des vendanges, et que le raisin commence à mûrir, vous en prendrez environ cent grosses grappes des plus mûres, vous ferez bien nettoyer un tonneau, dans lequel vous mettrez deux brassées de copeaux ou d’éclats de bons bois; vous arroserez ces éclats du jus de grappes de raisin, que vous passerez avec la main, et jetterez ensuite toutes les grappes sur les éclats, et ayant bien renfermé le tonneau et mis en place, vous tirerez à clair le vin tourné et le versesez sur ce rapé; il n’y aura pas resté trois jours, qu’il sera beau et bon à boire.

Autre au même sujet.

Vous ferez une décoction de fines herbes; savoir, une poignée de chacune des suivantes, marjolaine, thym, laurier, myrthe, baie de genièvre, deux pelures de citron et et autant d’orange; vous feriez bien bouillir cela dans vingt pintes d’eau, jusqu’à la réduction de quinze pintes ou environ, à proportion de la grandeur du tonneau que vous aurez fait nettoyer, pour recevoir votre vin tourné; vous laverez bien ledit tonneau avec la décoction toute bouillante, et l’en laisserez imbiber; puis vous y mettrez deux brassées de copeaux ou éclats, que vous arroserez aussi de cette décoction: vous tirerez le vin tourné à à [sic] claire, le laisserez reposer huit jours sur ce rapé de copeaux, et il deviendra meilleur qu’il n’était avant qu’il tournât.

Autre au même sujet.

J’ai appris d’un maître d’hôtel d’un prince allemand cette autre manière de raccommoder le vin troublé et gâté: il faut faire sécher au four cinquante grappes de bon raisin et un demi-boisseau de coquilles d’amandes douces, en sorte que ces coquilles soient un peu rissolées; pendant qu’elles s’accommodent au four il faut bien battre et fouetter ensemble douze blancs d’?ufs jusqu’à les réduire presqu’en écume, et les verser dans le tonneau où est le vin gâté, et le rouler pendant un petit espace de temps, puis vous jetez dedans les coquilles d’amandes et les raisins tout chauds, et le laissez reposer huit jours, et vous aurez de beau et de bon vin. Quand le vin est devenu aigre on le rétablit avec du blé, que l’on fait cuire jusqu’à ce qu’il crève; la mesure ou quantité est la centième partie que contient le tonneau.

Pour faire promptement d’excellent vinaigre.

Il faut de bon vin fort, dans lequel vous mettrez du poivre long et du levain de pain de seigle qui bien aigre: il n’aura pas été exposé six heures au grand soleil ou proche le feu, qu’il sera de bon usage. On peut faire du vinaigre sans vin en cette manière: ayez la charge d’un cheval de poires sauvages, pilez-les bien, et les laissez fermenter durant trois jours dans un tonneau; puis, durant trente jours, vous les arroserez de deux pots d’eau par jour, dans laquelle eau vous aurez fait bouillir du gingembre et du poivre long; au bout de trente jours vous presserez les poires pilées, et vous aurez de bon vinaigre.

Pour faire des vins de liquers.

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Pour faire en peu de temps de l’hypocras qui soit excellent.

Pour quatre pintes de vin vous préparerez les drogues qui suivent: une livre de bon sucre fin, deux onces de bonne canelle concassée grossièrement, une once de graine de paradis, autant de cardamomum, et deux grains d’ambre gris du plus exquis, broyée au mortier avec du sucre candi; vous ferez de toutes ces drogues un sirop clair, que vous purifierez en le passant deux ou trois fois à l’étamine, et vous mélangerez ledit sirop avec quatre pintes d’excellent vin, et vous en aurez le meilleur hypocras que l’on puisse boire.

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Pour avoir des melons doux, sucrés et de bonne odeur.

Vour aurez la semence de melon de bonne espèce, vous la mettrez infuser durant deux jours dans un sirop qui sera composé de framboises, de canelle, de cardamomum, de deux grains de musc et autant d’ambre gris; il faut que le sirop ne soit pas épais et tiède quand vous y mettrez la semence en infusion; il faut que la terre où vous sèmerez soit bien préparée, sur une couche de bon funier de cheval, et avoir grand soin de ne les point trop arroser et de les garantir des pluies trop abondantes. Si vous êtes exact à toutes ces choses, vous aurez des melons dignes de la bouche d’un roi.

Pour avoir de beau raisins murs au printemps.

Il faut avoir un cerisier qui soit planté en espalier, dans une bonne exposition au soleil et en bon terroir, et qu’un habile jardinier ente dextrement deux ou trois ceps de bonne vigne sur ledit cerisier; qu’on ait grand soin de le garantir des intempéries de la fin de l’hiver et du printemps; qu’on ne lui ne lui épargne ni le bon fumier, ni l’eau quand il sera nécessaire, et on verra quelque chose de bien merveilleux au temps que les cerises seront mûres.

Pour faire croître et multiplier le froment.

Vous prendrez une livre de sel végétal, qui est composé artistement de fleur de soufre, de salpêtre et de nitre; les bons droguistes ont ce sel: vous le ferez bouillir dans six pintes d’eau, avec deux livres de bon froment nouveau, jusqu’à ce que le froment commence à se crever, puis vous passerez cette composition dans un linge fort clair, et vous ferez rendre au froment cuit toute l’humidité; après vous ferez infuser dans cette liqueur autant que vous pourrez de bon froment durant vingt-quatre heures; quand la terre sera bien préparée, vous y sèmerez ce froment infusé, et ayant fait sécher le marc de la composition, vous le pulvériserez et rejeterez sur cette terre, et vous verrez, par expérience, que le blé que vous aurez ainsi semé produira vingt fois autant que le blé commun: il est vrai qu’il ne faudrait pas faire cela deux fois de suite dans la même terre; car il en consume tellement la graisse, qu’elle ne peut plus rapporter si elle n’est bien fumée.

Pour empêcher les semailles et moissons d’être gâtées par les bêtes.

Vous aurez dix grosses écrevisses, que vous mettrez dans un vaisseau rempli d’eau, et les exposerez au soleil durant dix jours, puis vous aspergerez avec cette eau les semailles l’espace de huit jours; et quand elle seront crucs, vous les aspergerez huit autres jours de suite, et vous verrez qu’elles prospéreront à merveille, et qu’aucunes bêtes, soit rats, belettes ou autres, n’en pourront approcher.

Pour savoir si les semences seront abondantes l’année prochaine.

ZOROASTRE donne comme un secret infaillible, pour connaître l’abondance de la moisson pour l’année suivante, de faire ce qui suit. Il faut, environ le quinzième du mois de juin, préparer un petit canton de terre, à la manière qu’on la prépare ordinairement pour être ensemencée: vous y semerez toutes sortes de semence, et à cause que, dans cette saison, la chaleur est brûlante et pourrait nuire à ce que la semence germe et sorte plus commodément, vous observerez après cela laquelle des semences sera la mieux venue, et aura la plus belle apparence dans le temps que la canicule commence à régner sur l’horison; car vous serez averti par cet indice que l’abondance sera la semence qui sera la mieux venue, et celles qui n’auront pas profité par la préparation que vous aurez faite seront stériles. Ainsi le judicieux laboureur prendra sur cela ses mesures pour avoir une abondante moisson.

Autre pour le même sujet.

Vous observerez au printemps dans quel état sont les noyers: car s’ils paraissent chargés de feuillages avec peu de fleurs, soyez assuré que la nature sera avare dans la distribution de ses richesses; si au contraire vous voyez grande abondance de fleurs sur les noyers, et que la quantité surpasse celle des feuilles, tirez en augure de fertilité: les anciens ont fait le même pronostic de l’amandier.
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chées; racine de gentiane, de dictamum blanc, de la petite & grande fortelle ou sa racine, de la tormentille, de la rhubarbe, du bol d’Arménie, préparé, de bonne thériaque & un peu d’émeraude pulvérisée. Vous exposerez tout cela au soleil durant les jours caniculaires, aprés avoir bien bouché le bocal, & enfin vous le mettrez en digestion, durant trois mois, dans du fumier chaud; & après ce tems vous passerez cette composition dans un couloir, & la garderez précieusement dans un vase d’étain ou de verre fort, pour vous en servir. L’usage est de s’en frotter autour du c?ur, aux tempes, aux narines, flancs & au long de l’épine du dos, & vous éprouverez que c’est un antidote contre toutes sortes de venins. Il est bon aussi pour guérir les morsures des bêtes venimeuses.




DES TALISMANS DE L’ANTIQUITÉ DES TALISMANS, LEUR ORIGINE ET USAGES D’ICEUX.

FIGURES DES SEPT PLANÈTES

DES TALISMANS DE L'ANTIQUITÉ DES TALISMANS

Figures des Talismans

Les talismans de Paracelse.

La grande réputation que Paracelse s’est acquise dans le monde par sa profonde science, donne beaucoup d’autorité à ce qu’il a laissé par écrit. Il assure, comme une chose indubitable, que si l’on fait des talismans suivant la méthode qu’il en donne, ils produiront des effets qui surprendront ceux qui en feront l’expérience; & c’est ce que j’ai éprouvé moi-même avec grande admiration & un très-heureux succès. Voici donc de quelle maniere il en parle dans son archidoxe magique.

Personne ne peut, sans témérité, révoquer en doute que les astres & planetes célestes n’aient des influences dominantes sur tout ce qui est dans ce bas univers; car puisque l’on voit & que l’on éprouve sensiblement que les planetes dominent, par leurs influences sur l’homme, qui est l’image de Dieu & avantagé de la raison; à combien plus forte raison doit-on croire qu’elles dominent & influent sur les métaux, sur les pierres, & sur tout ce que la nature & l’art peuvent produire; puisque toutes ces choses sont moindres que l’homme, & plus propres à recevoir, sans résistance, leurs influences étant privées de la raison & libre arbitre, & que l’homme a cet avantage qu’il peut se servit de ces choses materielles, pour attirer en sa faveur les influences des astres.

Mais ce qui est digne d’être su & bien remarqué, cx’est que les sept planetes n’influent jamais plus efficacement que par l’entremise des sept métaux qui leur sont propres, c’est-à-dire, qui ont de la sympathie avec leur substance; & à ce sujet les sages cabalistes ayant connu par la sublime pénétration de leurs sciences, quels sont les métaux propres aux planetes, ils ont déterminé l’or pour le Soleil, au jour du dimanche, l’argent pour la Lune, au lundi, le fer pour Mars, au mardi, le-vif-argent pour Mercure, au mercredi, l’étain pour Jupiter, au jeudi, le cuivre ou l’airain pour Vénus, au vendredi, & le plomb pour Saturne, au samedi. Sur ce fondement, nous donnerons ici la maniere de faire des talismans, que les anciens sages ont appellés les sceaux des planetes.

Talisman en sceau du Soleil.

 

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[Compare with version in Agrippa:]

Tabella Numerica Agrippa
Ce talisman doit être composé avec l’or le plus exquis & le plus pur, qui est celui d’Arabie ou de Hongrie; on en forme une plaque ronde, bien polie des deux côtés; & sut un de ces côtés on trace un quarré composé de six lignes de chiffres, ensorte que nombrant ces chiffres d’un coin à l’autre, en forme de croix de saint André, on trouve cent onze. Et ce qui est mystérieux en cela, & dont on doit être informé, c’est que les nombres qui seront marqués dans tous les talismans ou sceaux des planetes, sont les nombres des grandes étoiles qui sont sous la domination de chaque planete, que Dieu leur attribue comme leurs sujets, & c’est pour cela que ceux qui sont versés dans l’astrologie, appellent les planetes précurseurs ou étoiles premieres, & ils connfluent de-là, qu’ils ont les autres sous leur direction, pour la distribution de leurs influences. Sur l’autre côté de la plaque, il faut graver la figure hiéroglyfique de la planete, qui représente un roi couronné dans son trône royal, tenant de la main droite un sceptre, ayant sur la tête le Soleil & le nom de Jupiter, & montrant avec son sceptre un lion rugissant à ses pieds. Et afin que cette opération se fasse avec exactitude & dans les circonstrances convenables, vous ferez graver deux fers bien propres à imprimer sur l’or tout ce que j’ai dit ci-dessus, pour ne point perdre le moment favorable de la constellation, car il faut que l’impression se fasse dans le tems que l’on aura observé que le Soleil sera en conjonction avec la Lune dans le premier degré du Lion; & quand la plaque d’or sera marquée des deux côtés avec les fers susdits, vous l’envelopperez promptement dans un linge fin. Ce que le viens de dire des deux fers gravés, doit pareillement s’entendre pour la fabrique des talismans des autres planetes; afin, comme il est dit, que l’impression s’en fasse dans l’instant favorable de la constellation; car l’on doit savoir que c’est dans cet instant que la planete répand & imprime ses bénignes influences sur le talisman, d’une maniere surnaturelle & toute mystérieuse. Les propriétés de ce talisman du Soleil consistent en ce que la personne qui le portera avec confiance & révérence, deviendra agréable aux puissances de la terre, aux rois, aux princes, aux grands seigneurs dont on voudra acquérir la bienveillance, on abondera en richesses & en honneurs, & on sera estimé de tout le monde.
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Talisman au sceau de la Lune

Ce talisman doit être composé avec le plus pur argent que l’on pourra trouver, dont on fera une plaque ronde. bien polie; & d’une côté l’on gravera neuf lignes de chiffres, dont chacune contiendra le nombre mystérieux de trois cent soixante-neuf, comme il est respésenté ci-après dans le quarré suivant; de l’autre côté de

Talisman au sceau de la Lune

la plaque, on imprimera l’image hiéroglyfique de la planete, qui sera une femme revêtue d’une robe ample & large, ayant les deux pieds sur le milieu d’un croissant dans sa main droite, & une brilliante étoile sur sa téte, avec ce mot, Lune. L’opération se doit faire un lundi du printems, lorsque l’on aura au premier degré du Capricorne ou de virgo un aspect favorable de Jupiter ou de Vénus. Il faudra aussi envelopper le talisman dans un linge blanc; & il sera grandement utile pour garantir des maladies populaires; il préservera les voyageurs des périls & des insultes des voleurs; il sera favporable aux laboureurs & aux négocians.

Talisman ou sceau de Mars.

 

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Talisman ou sceau de Mars.

Ce talisman doit être formé sur une plaque ronde & polie, du meilleur fer de Carinthie, les nombres mystérieux seront soixante-cinq; & de l’autre côté de la plaque on formera la figure hiéroglyfique de la planete, qui représentera un soldat armé, tenant de la main gauche un bouclier, & de la droite une épée nue, ayant une étoile sur sa tête, avec le nom de Mars. Il faut que les insrumens qui serviront à imprimer ce talisman, soient de bon acier trempé, & que l’impression se fasse dans le moment que l’on aura observé que la Lune étant un aspect bénin avec quelqu’autre planete favorable, entre au premier degré du signe du bélier ou du sagittaire; & il sera même bon que la plaque du talisman soit mise au fourneau ardent, afin qu’elle soit plus propre à recevoir la gravure des figures mystérieuses: & quand elle sera refroidie, on l’enveloppera dans un morceau de taffetas rouge. Ce talisman aura la propriété de rendre invulnérable delui qui le le portera avec révérence; il lui donnera une force & une vigueur extraordinaire; il sera vainqueur dans les combats où il assistera. La planete de Mars influe si merveilleusement sur ce talisman, quand il est fait avec exactitude, que si on l’enterre dans les fondemens d’une forteresse, elle devient inexpugnable, & ceux qui en veulent entreprendre l’attaque, sont mis facilement en déroute. Et si on le fabrique lorsque la constellation de Mars est en opposition avec les planetes favorables & rétrogrades, il porte malheur par-tout où on le met, & il y cause des dissentions, des révoltes & des guerres intestines; je sais qu’un grand homme d’état en fit porter un semblable en Angleterre, au tems de la révolution de Cromwel.

Talisman de Mercure au mercredi.

Ce talisman doit être formé sur une plaque ronde de mercure fixé, (je donnerai ci-après la maniere de fixer le mercure pour les talismans, comme je l’ai éprouvé moi-même.) Quand la plaque est faite & polie, on imprime avec les ferremens sur un des côtés, le nombre mystérieux de deux cent soixante, distribué en huit lignes, comme on le voit ici représenté.

 

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Talisman de Mercure au mercredi.

Et de l’autre côté de la plaque on imprimera la figure hiéroglyfique de la planere de Mercure, qui représentera un ange, ayant des aîles sur le dos & à ses talons, tenant dans la main droite un caducée en forme de sceptre, & une étoile sur sa tête, avec le nom de Mercure. Il faudre faire l’impression des figures au moment favorable de la constellation, comme on aura observé, avant que de commencer l’entreprise. Et quand elle sera achevée, on enveloppera le talisman dans un morceau d’étoffe de soie de couleur de pourpre.

Ce talisman aura la propriété de rendre discret & éloquent celui qui le portera avec révérence, & le disposer admirablement à être savant en toutes sortes de sciences; & si on fait infuser ce talisman seulement une heure dans un verre de malvoisie, il rend la mémoire si heureuse, qu’on reient tout avec facilité; il peut même guérir toutes sortes de fievres; & si on le met sous le chevet du lit, il procure des songes véritables, dans lesquels on voit ce que l’on souhaite de savoir.

Talismani

Talisman de Jupiter.

 

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Talisman de Jupiter

Ce talisman doit être formé sur une plaque ronde, du plus pur étain d’Angleterre; onj imprimera sur un des côtés le nombre mystérieux de la planete, qui est trente-quatre distribué en quatre lignes, comme on en voit ici la disposition. Et de l’autre côté de la plaque on imprimera la figure hiéroglyfique de la planete, qui sera un homme vêtu en ecclésiastique, tenant entre ses mains un livre, dans lequel il semble lire, & au-dessus de sa tête une étoile brillante, avec ce mot, Jupiter. On commencera à imprimer les mystérieuses figures sur la plaque, avec les fers, au moment que l’on observe que la constellation de la planete sera favorable, la Lune faisant son entrée dans le premier degré du signe de la Balance, Jupiter en bon aspect avec le Soleil; l’opération étant finie, on enveloppera le talisman dans un morceau d’étoffe de soie couleur de bleu céleste. Ce talisman procurera à ceux qui le porteront révérement l’amour & la bienveillance de ceux que l’on souhaitera. Il aura la vertu de multiplier & augmenter les choses [72] avec lesquelles on l’enveloppera. Il rendra fortuné dans le négoce, dans le commerce & dans toutes les entreprises; il dissipera les chagrins, les soins importuns & les terreurs paniques.

Talisman de Vénus, au vendredi.

Ce talisman doit être formé sur une plaque ronde de cuivre bien purifié & poli. On imprimera sur un de ses côtés le nombre mystérieux de cent septante cinq, distribué en sept lignes, comme il est ici marqué.

 

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Talisman de Vénus, au vendredi.

Et de l’autre côté de la plaque on imprimera la figure hiéroglyfique de la planete, qui sera une femme lascivement vêtu, ayant proche de sa cuisse droite un cupidon tenant un arc & une fleche enflammée, & la femme tiendra dans sa main gauche un instrument de musique, comme une guittare, & au-dessus de sa tête une étoile brillante, avec ce mot, Vénus. L’impression se sera avec les fers, dans le moment que l’on aura prévuque la constellation de Vénus sera en bon aspect avec quelque planete favorable, la Lune étant entrée au premier degré du signe du Taureau ou de virgo. L’opération étant finie, vous envelopperez le talisman dans un morceau d’étoffe de soie verte. Et celui qui portera avec révérence ce talisman, peut s’assurer d’avoie les bonnes graces de tous ceux qu’il souhaitera, & d’être aimé ardemment, tant des femmes que des hommes. Il a aussi la vertu de réconcilier les inimitiés mortelles, en faisant boire quelque liquer dans laquelle il aura été mis; de manier que l’on devient intime ami; il rend aussi industrieux & fort habile en l’art de musique.

Talisman de Saturne, au samedi.

Ce talisman doit être formé sur une plaque ronde, de plomb bien affiné & purifié, & on imprimera sur l’un des deux côtés le nombre mystérieux de quinze distribué en lignes, suivant la disposition que l’on voit ici.

 

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Talisman de Saturne, au samedi.

Et de l’autre côté de la plaque, on imprimera la figure hiéroglyfique de la planete, qui sera un vieillard barbu, tenant en main une espece de pioche, en posture d’un homme qui fouit la terre, & au-dessus de sa tête une étoile, avec ce mot, Saturne. On commencera l’impression des figures mystérieuses avec les ferremens au moment que l’on aura prévu que la constellation de Saturne est en aspect favorable, la Lune entrant dans le premier degré du signe du Taureau ou du Capricorne. Et quand l’opération sera finie, vous anvelopperez le talisman dans un morceau d’étoffe de soie noire.

Ce talisman est d’un grand secours, premiérement, pour les femmes qui sont en mal d’enfantement, car elles n’y souffrent presque point de douleur; c’est ce qui a été éprouvé plusieurs fois, avec un heureux succès, par des personnes de qualité, qui étoient sujettes à faire de mauvaises couches. Il multiplie aussi & augmente les choses avec lesquelles on le met. Si un cavalier le porte dans sa botte gauche, son cheval ne pourra être aucunement blessé. Il a tous les effets contraires à ceux-ci, lorsqu’on le forme dans le tems que la constellation de Saturne est dans une situation funeste, & la Lune rétrograde dans les signes susdits.

Talisman de Saturne - 1

On le peut faire sur une plaque d’étain fin & bien purifié, au jour & heur de Jupiter; le thême du ciel étant dans une heureuse situation, on y formera d’un côté la figure de la fortune, comme elle est ici représentée, & de l’autre côté ces paroles, en gros caractere:

OMOUSIN ALBOMATATOS

Talisman de Saturne - 2

Et si l’on est plusieurs jours à travailler avant que d’arriver à l’endroit où est le trésor, on renouvellera chaque jour le parfum qui sera propre au jour, comme nous l’avons expliqué ci-devant; ces précautions seront cause que les Gnomes, gardiens du trésor, ne seront point nuisibles, & même vous aideront dans vos entreprises; c’est une preuve dont j’ai été témoin oculaire, avec un heureux succès, dans le vieux château d’Orviete.

J’ai parlé ci-devant des indices naturels, par lesquels on peut faire la découverte des trésors, & je m’explique plus nettement. Paracelse, dans son traité de la philosophie occulte, page 489, dit que pour avoir des indice certains de lieux où il y a des trésors & des richesses cachées, il faut observer les endroits où durant la nuit des spectres ou fantômes apparoissent, ou qualqu’autre chose extraordinaire qui épouvante les passans & ceux qui habitent dans ces lieux, & particuliérement la nuit du vendredi au samedi. Si l’on y voit des feux volans, des tumultes & des fracas, ou qualqu’autre chose semblable, on peut former une conjecture raisonnable, qu’il y a dans ces lieux quelque trésor caché.

Mais l’homme prudent n’en demeurera pas là; il faut se donner de garde d’être surpris par le rapport d’autrui, & sur-tout de certaines gueusailles, ou petites femmelettes, qui, sur des visions chimériques, engagent les honnêtes gens à des recherches inutiles: il ne faut donc s’engager dans ces sortes de recherches, que sur le témoignage de gens qui ne soient point suspects, c’est-à-dire, qui aient de la probité, & qui soient d’un esprit solide; & il sera encore plus sur d’expérimenter par soi-même ces sortes de visions, en faisant résidence sur les lieux.

Il ne faut pourtant pas absolument rebuter ceux qui nous font ces sortes de rapports, mais en examiner prudemment les circonstances, car je suis témoin que, si on avoir voulu croire Philippe d’Ortano, chirurgien-major de la petite garnison du vieux château d’Orviete, on auroit négligé l’entreprise que l’on poussa à boit avec un heureux succès; car, comme il étoit grand parleur, & assez persuasif dans ce qu’il disoit, il tournoit en ridicule ce que l’on rapportoit des apparitions que plusieurs domestiques & soldats avoient eues dans le lieu où le trésor fut trouvé.

Celui qui voudra s’appliquer à la recherche d’un trésor prétendu caché, doit examiner la qualité du lieu, nonseulement par la situation présente de ce lieu, mais par rapport à ce que les anciennes histoires en disent; car on doit remarquer qu’il y a de deux sortes de trésors cachés. La premiere sorte est de l’or & de l’argent, qui a été sormé dans les entrailles de la terre, par la vertu métallique des astres & du terrein où il est. La second sorte est de l’or & de l’argent monnoyé ou mis en ?uvre d’orfévrerie, & qui a été déposé en terre pour diverses raisons, comme de guerres, de pestes & autres; & c’est ce que le sage rechercheur de trésors doit examiner, en considérant si ces circonstances conviennent au lieu dont il est question. Ces sortes de trésors d’or, d’argent monnoyé, & de vaisselle d’orfévrerie se trouvent ordinairement dans les débris & masures des anciennes maisons de qualité & châteaux, ou proche de vieilles églises ou chapelles ruinées. Et les Gnomes ne prennent point possession de ces sortes de trésors, si ce n’est que volontairement ceux qui les déposent & enfouissent dans les lieux souterreins ne les y invitent que par la vertu des parfums & talismans faits à ce sujet; & en cette conjecture, il faut les en déposséder par de plus forts parfums & talismans, comme nous avons dit; ceux que l’on forme sous les auspices de la Lune & de Saturne, la Lune entrant dans les signes du Taureau, du Capricorne ou de la Vierge, sont les plus efficaces.

Il faut sur-tout que ceux qui sont occupés à cette recherche ne s’épouvantent pas; car il ne manque pas d’arriver assez ordinairement que les Gnomes, gardiens des trésors, fascinent l’imagination des travailleurs, par des représentations & visions hideuses; mais ce sont des contes de bonnes gens du tems passé, de dire qu’ils étranglent ou tuent ceux qui approchent des trésors qui sont en leur garde, & si quelques-uns sont morts dans les cavités souterreines, en faisant la recherche, cela est peut-être arrivé, ou par l’infection de ces lieux, ou par l’imprudence des travailleurs, qui n’appuient pas solidement les endroits qu’ils creusent, quand ils sont ensévelis sous les ruines. C’est un badinage de dire qu’il faut garder un profond silence en creusant: au contraire, c’est le moyen de s’épouvanter plus facilement par les imaginations fantastiques; on peut donc sans scrupule parler de choses indifférentes, ou même chanter, pourvu qu’on ne dise rien de dissolu & d’impur, qui puisse irriter les esprits.

Si, en avançant le travail, on entend plus de bruit qu’auparavant, que l’on ne s’épouvante pas, mais que l’on redouble les parfums, & que quelqu’un de la compagnie récite à haute voix l’oraison des Salamandres que j’ai donnée ci-devant, & ce sera le moyen d’empêcher que les esprits n’emportent plus loin le trésor, se rendant attentifs aux mystérieuses paroles que l’on récitera, & pour lord on doit redoubler vigoureusement le travail: je ne dis rien qui n’ait été éprouvé en ma présence avec succès; le petit livre de l’Enchiridion est bon dans ces occasions, & cause de ses mystérieuses oraisons.

Il est arrivé qualquefois que les Gnomes ont transmué les métaux précieux en des matieres viles & abjectes, & ont trompé les ignorans qui n’étoient pas informés de leurs subtilités: mais le sage & prudent fossoyeur, qui trouvera dans les entrailles de la terre de ces sortes de matieres, qui naturellement n’y doivent pas être, les recueillera & les éprouvera au feu, composé de bois de laurier, de fougere & de verveine; le charme se dissipant par ce moyen, les métaux retourneront en leur premiere nature; un signe assez ordinaire de ces transmutations fantastiques, c’est lorsque l’on trouve ces matieres viles & sordides dans des vaisseaux, ou de terre cuite, ou de pierre taillée, ou d’airain; & pour lors il ne faut pas les négliger, mais les éprouver au feu, comme je viens de dire.

Je finirai sur cette matiere avec le secret que donne Cardan pour connoître si le trésor est dans un lieu où l’on creuse. Il dit qu’il faut avoir une grosse chandelle, composée de suif humain, & qu’elle soit enclavée dans un morceau de bois de coudrier, fait en la maniere qui est représentée dans la maniere suivante; & si la chandelle

Libro 1

étant allumée dans le lieu souterrein, y fait beaucoup de bruit en pétillant avec éclat, c’est une marque qu’il y a un trésor en ce lieu; & plus on approchera du trésor, plus la chandelle pétillera, & enfin elle s’éteindra quand on sera tout-à-fait proche; il faut avoir d’autres chandelles dans des lanternes, afin de ne pas demeurer sans lumiere. Quand on a des raisons solides pour croire que ce sont des esprits des hommes désuns qui gardent les trésors, il est bon d’avoir des cierges bénis au lieu de chandelles communes, & les conjurer de la part de Dieu, de déclarer si l’on peut faire qualque chose pour les mettre en lieu de bon repos; & il ne faudra jamais manquer d’exécuter ce qu’ils auront demandé.

Tromperie de la mandragore artificielle.

IL y a des suborneurs de peuple qui, abusant de la crédulité & simplicité des bonnes gens, se mettent en grand crédit par des tours de souplesse, qui en apparence ont quelque chose de surnaturel: de ce genre est la mandragore artificielle, avec laquelle ils contrefont les oracles divins. Comme je passois par Lille en Flandre, je fus invité, par un de mes amis à l’accompagner chez une vieille femme qui se mêloit de ce badinage, & qui passoit pour une grande devineresse, et je decouvris sa fourberie, qui ne pouvait être longtemps cachée. Cette vieille nous conduisit d’une lampe, à la lueur de laquelle on voyait, sur une table couverte d’une nappe, une espèce de petite statue ou poupée assise sur un trépied, ayant le bras gauche étendu, tenant de la main gauche une petite cordelette de soie fort déliée, au bout de laquelle pendait une petite mouche de fer bien poli, et au-dessous il y avait un verre de fougère, ensorte que la mouche pendait dans le verre environ la hauteur de deux doigts. Et le mystère de la veille consistait à commander à la mandragore de frapper la mouche contre le verre, pour rendre témoignage de ce que l’on voulait savoir.

La vieille disait, par exemple: je te commande, mandragore, au nom de celui à qui tu dois obeïr, que, si monsieur un tel doit être heureux dans le voyage qu’il va faire, tu fasses frapper la mouche trois fois contre le verre; et en disant les dernières paroles, elle approchait sa main à une petite distance, empoignant un petit bâton qui soutenait sa main élevée à peu près à la hauteur de la mouche suspendue, qui ne manquait point de frapper les trois coups contre le verre, quoique la vieille ne touchât en aucune façon à la statue, ni à la cordelette, ni à la mouche; ce qui étonnait ceux qui ne savaient pas la supercherie dont elle usait: et afin de duper les gens par la diversité de ses oracles, elle défendait à la mandragore de faire frapper la mouche contre le verre, si telle ou telle chose devait ou ne devait pas arriver: par exemple, je te défens, mandragore, au nom de celui à qui tu dois obéir, que tu ne fasses point frapper la mouche contre le verre, si monsieur un tel doit mourir avant sa femme; et mettant la main en la même posture que j’ai dit, la mouche ne frappait point contre le verre.

Voici en quoi consistait tout l’artifice de la vieille, dont je m’aperçus, après l’avoir examiné un peu attentivement: la mouche de fer, qui était suspendue dans le verre au bout de la cordelette de soie, étant fort légère et bien aimanté, quand la vieille voulait qu’elle frappât contre le verre, elle mettait à un de ses doigts une bague, dans laquelle était enchâssé un assez gros morceau d’excellent aimant de manière que la vertu magnétique de la pierre mettait en mouvement la mouche aimantée, et lui faisait frapper autant de coups qu’elle voulait contre le verre; et lorsqu’elle voulait que la mouche ne frappât plus, elle ôtait de son doigt la bague sans qu’on s’en aperçut. Ceux qui étaient d’intelligence avec elle, et qui lui attiraient des pratiques, avaient soin de s’informer adroitement des affaires de ceux qu’ils lui amenaient, et ainsi on était facilement dupé.

 

Autre au même sujet.

Si vous voulez que tous ceux qui seront dans unr chambre paroissent en forme de grands éléphans ou de chevaux, vous ferez un parfum en cette maniere. Il faut broyer de l’alkekenge avec de la graisse de dauphin, & en former de petits grains, de la grosseur de grains de citron; puis vous aurez de la fiente d’une vache qui ne nourrisse point de veau; vous ferez bien sécher cette fiente, ensorte qu’on puisse en faire du feu, & vous aurez le divertissement que vous souhaiterez, pourvu que la chambre soit si bien close, que la fumée n’en puisse sortir que par la porte.

Autre au même sujet.

Pour faire paroître une chambre pleine de serpens & d’autres figures qui donnent de la terreur, vous y allumerez une lampe qui soit garnie de ce qui suit.

Libro 2

Prenez de la graisse d’un serpent noir, avec la derniere peau qu’il aura quitté; vous ferez bouillir cette graisse & cette peau avec de la verveine, dans un chauderon où vous aurez mis deux pots d’eau de forge, & au bout d’un quart-d’heure vous tirerez le chauderon de dessus le feu, & vous coulerez cette composition dans un morceau de linceul qui air servi à un mort; vous laisserez refroidir la composition; & vous ôterez avec une cuiller la graisse qui sera congelée sur l’eau; puis vous ferez un lumignon avec des fils de linceul mortuaire; & ayant mis dans le fond de la lampe la peau bouillie du serpent, vous assurerez le lumignon avec la graisse; & quand la lampe sera allumée avec de l’huile d’ambre, vous aurez un spectacle hideaux de serpens, qui épouvanteront ceux qui ne sauront pas le secret de cette lampe.

Autre au même sujet.

J’ai éprouvé en Flandre l’effet d’une lampe pour délivrer de l’importun croassement des grenouilles, & pour leur imposer subitement silence; c’étoit dans le château du sieur Tillemont, dont les fossés étoient si remplis de ces criards insectes, que l’on avoit peine à reposer la nuit. Nous fimes sondre de la cire blanche au soleil avec de la graisse de crocodile qui est à-peu-près comme l’huile de baleine; & je crois même que cette huile auroit le même effet que la graisse de crocodile qui est assez rare en ce pays. Nous garnîmes une lampe de cette composition avec un assez gros lumignon, & elle ne fut pas si-tôt allumée & posée sur le bord du fossé, que les grenouilles cesserent leur croassement.

De la maine de gloire dont se servent les scélérats voleurs, pour entrer dans les maisons de nuit sans empêchement.

 

La Man de Gloire

J’avoue que je n’a jamais éprouvé le secret de la main de gloire; mais j’ai assisté trois fois au jugement définitif de certains scélérats qui confesserent à la torture s’être servis de la main de gloire dans les vols qu’ils avoient faits; & comme dans l’interrogatoire on leur demanda ce que c’étoit, & comment ils l’avoient eue, & quel en étoit l’usage, ils répondirent, premiérement, que l’usage de la main de gloire étoit de stupéfier & rendre immobiles ceux à qui on la présentoit, ensorte qu’ils ne pouvoient non plus branler que s’ils étoient morts; secondement, que c’étoit la main d’un pendu; troisiémement, qu’il falloit la préparer de la maniére suivante. On prend la main droite ou la gauche d’un pendu exposé sur les grands chemins; on l’enveloppe dans un morceau de drap mortuaire, dans lequel on la presse bien pour lui faire rendre le peu de sang qui pourroit être resté; puis on la met dans un vase de terre avec du zimat, du salpêtre, du sel & du poivre long, le tout bien pulvérisé: on la laisse durant quinze jours dans ce pot; puis l’ayant tirée on l’expose au grand soleil de la canicule, jusqu’à ce qu’elle soit devenue bien séche; & si le soleil ne suffit pas, on la met dans un four qui soit chauffé avec de la fougere & de la verveine; puis l’on compose une espece de chandelle avec de la graisse de pendu, de la cire vierge & du sisame de Laponie, & l’on se sert de cette main de gloire comme d’un chandelier, pour y tenir cette chandelle allumée; & dans tous les lieux où l’on va avec ce funeste instrument, ceux qui y sont demeurent immobiles; & sur ce qu’on leur demanda, s’il n’y avoit point de remede pour ce garantir de ce prestige, ils dirent que la main de gloire devenoit sans effet, & que les voleurs ne pourroient s’en servir si on frottoit le seuil de la porte de la maison, ou les autres endroits par oû ils peuvent entrer, avec un onguent composé de siel de chat noir, de graisse de poule blanche & du sang de chouette, & qu’il falloit que cette confection fût faite dans la temps de la canicule.

Autre pour rendre un homme ou femme insensible à la torture, ensorte qu’on ne pourra rien tirer de leur confession.

A propos de ce que je viens de dire de la déclaration que les scélérats avoient faite étant exposés à la gêne, je rapporterai par le détail de ce que

 

LES SECRETS MERVEILLEUX
du
PETIT ALBERT

Part 2.

 

que vous envelopperez de cire vierge, & vous la mettrez dans l’oreille gauche d’un cheval, il tombera par terre comme s’il étoit mort; & aussi-tôt que vous l’aurez ôtée, il se relevera plus gaillard qu’il n’étoit au paravant; il ne faut pourtant pas la laisser longtems, de peur que cela ne nuise au cheval.

Pour se rendre invisible par le moyen d’un anneau.

On rapporte du fameux Gigés, qu’il parvint au trône de la Lidie par le moyen d’un anneau magique, qui le rendant invisible, lui donna la facilité de commettre adultere avec la reine & de tuer le roi. Les sages cabalistes nous ont laissé la méthode de fabriquer des anneaux qui ont pareillement la vertu de l’invisibilité. Il faut entreprendre cette opération importante un jour de mercredi du printems sous les auspices de Mercure, lorsque l’on connoîtra que cette planete sera en conjonction avec une des autres planetes favorables, comme la Lune, Jupiter, Vénus ou le Soleil; & ayant de bon mercure fixé & bien purifié, on en formera une grosse bague qui puisse entrer facilement dans le doigt du milieu de la main, on y enchassera dans le chaton unt petite pierre que l’on trouve dans le nid de la huppe, & on gravera autour de la bague les paroles suivantes:

Jesus passant + par le milieu d’eux + s’en alloit +;

puis ayant posé cette bague sur une plaque de mercure fixé, laquelle sera faite en forme de petite palette, on fera le parfum de mercure, comme il est marqué ci-devant, & on exposera trois fois de suite la bague sur la palette dans la fumée du parfum, & l’ayant enveloppée dans un morceau de tafferas de la couleur convenable à la planete, on la portera dans le nid de la huppe d’où on a tiré la pierre, & on la laissera durant neuf jours, & quand on la tirera, on fera encore le parfum comme la premiere fois: puis on la gardera précieusement dans une petite boîte faite avec du mercure fixé pour s’en servir dans les occasions. La maniere de s’en servir n’est autre que de mettre cette bague à son doigt, en tournant la pierre en dehors de la main: elle a la vertu de tellement fasciner les yeux des assistans, que l’on est en leur présence sans être vu. Et quand on veut être vu, il faut tourner la pierre en dedans de la main, & fermer la main en forme de poing. Porphirius [Porphyry] & Jambic [sic. Iamblichus], Pierre d’Abano & son maître Agrippa, soutiennent qu’un anneau fabriqué en la manier dont on voit ici la figure représentée, a la même vertu & propriété. Il faut prendre des poils qui sont au-dessus de la tête de la furieuse hyene, on en fait de petites tresses avec lesquelles on fabrique l’anneau comme on le voit ici, & on le porte pareillement dans le nid de la hupe durant neuf jours, & l’on fait les parfums comme il a été dit précédemment sous les auspices de Mercure; on s’en sert de

LES SECRETS MERVEILLEUX du PETIT ALBERT

même que celui qui est fait avec de mercure, excepté qu’on l’ôte absolument du doigt quand on ne veut pas être invisible.

Pour n’étre point trompé & fasciné par l’anneau d’invisibilité.

Comme il n’y a point de poison dans la nature qui n’ait son antidote, la sage providence du Créateur ayant fait toutes choses avec poids & mesure, ne permit point de prestige qui n’ait son remede. Si l’on veut donc se précautionner contre l’effet de l’anneau cabalistique de Mercure, on aura une bague composée en la maniere suivante. On formera un anneau avec du plomb affiné & bien purgé en la façon qu’on l’a expliqué à l’endroit ci-devant où l’on a parlé des talismans, des nombres mystérieux, des planetes; & dans le chaton de cette bague de plomb on enchassera un ?il de jeune belette qui n’aura porté des petits qu’une fois, & sur le contour de la bague on gravera les paroles suivantes: Apparuit Dominus Simoni. La fabrique de cette bague se fera un jour de samedi, lorsque l’on connoîtra que Saturne sera en opposition avec Mercure: on fera trois fois le parfum du samedi, on enveloppera la bague dans un morceau de linceul mortuaire, & l’on l’enterrera dans un cimetiere, on le laissera pendant neuf jours; puis l’ayant retiré, on fera

Le ciel

trois fois le parfum de Saturne, & l’on s’en servira. Ceux qui ont inventé cet anneau, ont raisonné sur le principe de l’antipathie, qui se trouve entre les matieres qui composent ces deux anneaux qui ont des effets si opposés; en effet, il n’y a rien de plus antipathique à la hyene que la belette. Et Saturne est presque toujours rétrograde à Mercure; ou quand ils se rencontrent dans le domicile de quelques-uns des signes du Zodiaque, c’est toujours un aspect funeste de mauvaise augure.

Pour faire d’autres anneaux mystérieux sous les auspices des sept planetes, qui attirent leurs influences à ceux qui les portent.

On a supposé ci-devant que chaque planete à son métal affecté & approprié à sa constitution célests. Pour donc procéder avec ordre à la fabrique des anneaux dont nous voulous ici parler, nous dirons qu’il n’est pas

 

Quel a été le sentiment des sages philosophes au sujet des talismans & figures mystérieuses.

Les sages qui se sont appliqués à découvrir les origines des noms que l’on a donné aux choses, & sur-tout à celles qui renferment quelque chose d’extraordinaire, disent que le nom de talisman est un mot hébraïque, qui signifie image mystérieuse, quelques-uns ont dit que ce mot de talisman est contre-tiré sur le mot grec telesma, qui signifie grande perfection; d’autres lui donnent son origine de ces deux mots latins, talis mens; d’autant que quand on est expert dans la science cabalistique, on peut faire des talismans selon sa pensée, selon ses intentions, & comme on les souhaite: ce qui est bien ex primé par ces deux mots latins. Or, quoi qu’il en soit de l’étymologie de ce nom, il est certain que origine des talismans & l’usage des figures mystérieuses nous sont venus des Egyptiens & des Chaldéens, qui étant très-savans dans la spéculation des astres, en avoient pénétré toutes les vertus & efficacités de leurs influences, & en avoient fait une science pratique dont l’usage les mit en grande réputation; & les Hébreux qui allerent en Egypte lorsque Joseph la gouvernoit sous le regne de Pharaon, apprirent d’eux cec mysteres; & ils s’y perfectionnerent par la fréquentation qu’ils eurent avec les Chaldéens qui firent les figures célestes, pour attirer les influences des astres, parce qu’ils faisoient ou vertement profession d’observer leur cours, la diversité de leurs aspects & leurs conjonctions, pour en tirer des pronostics qui leur servoient à régler leur vie & leur fortune.

Ils inventerent un systême céleste, où ils rangerent les autres sous divers corps fantastiques pour fixer les veux & l’imagination sur la disposition de ces corps célestes, ils distribuerent les planetes dans plusieurs cieux, avec une judicieuse subordination des inférieures, ou supérieurs, comme on le peut voir dans cette grande figure que j’ai fait graver. Ils firent la distinction des signes qu’ils déterminerent sous des figures des animaux, qui avoient la sympathie naturelle avec les influences des astres, & ce fut l’occasion & l’origine de la distinction qu’ils en firent sous les noms du taureau, du bélier, du capricorne, de l’écrevisse, du lion, des scorpions, des poissons, &c. avec lesquels ils marquerent les espaces du ciek, que le Soleil & la Lune parcourent.

On donna depuis le nom de Zodiaque à tout cet espace ainsi distingué, qui est un mot dérivé du grec Zoon, qui signifie animal, à cause que ces animaux & ces figures tirées de divers sujets vivans, marquoient les assemblages d’étoiles qui composent ces signes adoptés.

Les plus curieux d’entre les savans des Grecs s’appliquerent à cette science mystérieuse, & y réussirent avec tant de succès, que les plus beaux génies des autres nations venoient se former sous leur direction; ce qui est un grand préjugé, qu’il y a quelque chose de solide & de vraisemblable dans les opérations de cette science: d’autant plus, que la nature même semble l’autoriser par quelques productions merveilleuses que l’on ne peut pas nier, j’entends parler de ces figures hiéroglyfiques que l’on voit naturellement empreintes sur des pierres, sur des coquilles, sur des animaux, & qui ont des rapports tout-à-fait surprenans, avec les figures dont elles sont ornées.

Crollius, qui n’est pas un auteur à mépriser, fait remarquer, que la plupart des plantes & des pierres métalliques un peu hors du commun, ont, ou en leur couleur, ou en leur figure, des marques, des propriétés & des usages auxquels elles peuvent être propres; le Créateur l’ayant ainsi disposé pour les rendre utiles aux hommes par la sympathie qu’elles ont avec les corps célestes. Ce même auteur remarque que, si les Hébreux ne se sont pas servis dans leurs talismans des figures naturelles, ce n’étoit que parce qu’étant zélés observateurs de la loi qui défendoit toutes sortes d’images, ils ne vouloient pas y contrevenir, & d’autant plus que Moyse avoit trouvé dans les noms divins de Jeova, de Sabaoth, de Tategrematon [sic], d’Eloim, &c. des vertus merveilleuses, qui suppléoient au défaut des figures; & c’est pourquoi ils composoient leurs talismans de ces saints noms & des oracles tirés de la loi, & se persuadoient, par l’expérience qu’ils en faisoient, qu’ils avoient la vertu de les préserver des maux qu’ils appréhendoient, & de leur procurer les avantages qu’ils souhaitoient quand ils les portoient sur eux, gravés sur les métaux qui ont de la convenance avec les astres qui répandent leurs influences sur les corps sublunaires.

Ceux qui voudront approfondir dans cette science des talismans & figures mystérieuses, y feront beaucoup de progrès, s’ils s’appliquerent à la lecture des ouvrages de Jean Lheureux, chanoine d’Aire en Artois, imprimé à Anvers, par le soin, du sieur Chifflet, sous le titre de Disquisitio antiquaria de gemmis Basidianis, seu Abraxio Apistophistos. On trouvera ici le modele d’un talisman pour être fortuné au jeu & dans négoce; il a été composé par le fameuxArbatel, qui dit qu’on le doit faire en cette figure.

Schema con stella evocativa

Vous aurez une pique ronde de mercure fixé, bien purifié & bien poli, & vous choisirez durant toute la saison du printems un mercredi, auquel vous observerez la constellation de Mercure, en une situation favorable,c’est-à-dire, en bon aspect avec Jupiter ou Vênus, ou en conjonction avec le Soleil ou la Lune; vous y imprimerez d’un côtê l’êtoile de Mercure, comme elle est ici reprêsentêe, & de l’autre, les mots hêbreux que vous voyez pareillement ici gravês: & après l’avoir parfumê trois fois du parfum propre au jour de Mercure, vous irez l’enterrer dans un grand chemin, sous un gibet, & l’y laisserez durant sept jours: au bout desquels vous le retirerez & le conserverez pour votre usage, aprèz l’avoir parfumê derechef trois diverses fois du même parfum; & il sera bon tous les mercredis, avant le soleil levê, de rêitêrer le parfum de Mercure.

Un cêlebre auteur de notre tems dit, qu’il n’y a point de talisman qui ne se rapporte ou à l’astrologie, ou à la mêdecine, ou à la religion, ou même à toutes trois ensemble; car on y voit les figures, au naturel ou en

chacune des herbes suivantes; feuille de rue, de sureau, de ronces & de sauge franche; vous ferez bouillir tout cela ensemble à bien petit feu, jusqu’à la diminution du quart, & puis le coulerez bien promptement dans un linge double ou à la chausse; & l’ayant mis dans un bocal de verre fort, bien bouché, vous en boirez à jeun tous les matins durant neuf jours le tiers d’un demi-septier, & par ce moyen vous serez à l’épreuve du mauvais air, quand bien même vous fréquenteriez les pestiférés. Ceux qui seront déja frappés du mal contagieux, ajouteront à ce breuvage le jus d’une racine de buglose & de scabieuse, où ils délaieront de bonne thériaque, & ils se purgeront par-là du venin mortifere. Et ceux qui auront le charbon en évidence, pileront des feuilles de ronces, de sureau, avec graine de moutarde, & en feront une espece de cataplasme sur le charbon, & moyennant l’aide de Dieu, ils guériront.
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Pour faire tomber les dents pourries sans douleur.

Faites infuser dans du fort vinaigre de petites racines de mûrier noir; après les avoir bien concassées, vous y ajouterez, gros comme une petite feve, de vitriol romain, & vous exposerez cela au soleil d’été durant quinze jours dans un bocal de verre fort; ensuite de quoi vous les retirerez & les ferez sécher dans un pot de terre vernissé, avec un lézard verd, dans un four médiocrement chaud, le pot étant bien couvert; & vous en ferez une poudre, de laquelle vous mettrez sur la dent gâtée, & elle la déracintera & tombera en peu de tems.

Pour guérir des arquebusades ou autres, tant vieilles que nouvelles, sans onguent ni charpie.

Vous ferez une déccoction de ce que je vais vous marquer ci-après; prenez de l’aristoloche ronde, le poids de deux écus, graine de laurier, autant d’écrevisses d’eau douce séchées au four, & qu’elles aient été prises en pleine lune, musc en poudre, le poids d’un écu, l’herbe appellée brunelle, autrement consoude moyenne, le poids de quatre écus. Il faut que cette herbe soit cueillie avec ses fleurs, & séchée à l’ombre entre deux linges. Vous réduirez toutes ces drogues en poudre, & après les avoir bien mêlées, vous les mettrez dans un sacher de toile neuve, qui soit sousu ou lié avec un fil; puis vous aurez un pot de terre neuf vernissé, dans lequel vous mettrez votre sachet, avec une vingtaine de petites branches de pervenche & trois chopines du meilleur vin blanc que vous pourrez trouver, & après avoir bouché votre pot avec trois ou quatre feuilles de papier, ensorte que la vapeur n’en sorte point, vous le mettrez au feu de charbon, & le ferez bouillir tant que vous puissiez croire que la décoction est diminuée du tiers; pour lors vous le retirerez du feu, & l’ayant laissé refroidir, vous coulerez la décoction dans un double linge fin, & la mettrez dans un bocal de verre fort, pour vous en servir dans le besoin; prenez garde sur-tout que le bocal soit si bien bouché, qu’il ne puisse prendre vent.

Voici de quelle maniere on s’en sert pour la guérison des plaies. Vous aurez une petite seringue d’argent, qui sera toujours bien pure & nette, afin de vous en servir pour les plaies qui seront creuses, lesquelles il faudra panser trois fois par jour en cette sorte: vous nettoyerez doucement la plaie avec un petit linge blanc de lessive, imbibé de la décoction, puis vous seringuerez trois ou quatre fois de la décoction dans la plaie, & vous la couvrirez d’un petit linge fin qui soit imbibé de cette décoction, & la couvrirez d’un morceau de feuille de chou rouge, & mettrez sur cette feuille encore un linge mouillé de la décoction, en forme de compresse, & banderez légérement la plaie, qui viendra à guérison en peu de tems. Prenez garde de la bien nettoyer à mesure qu’elle se fermera, afin de ne pas laisser le loup dans la bergerie.

Autre au même sujet.

J’ai été témoin avec étonnement de la prompte maniere avec laquelle un soldat polonois guérit, sans aucuns médicamens, un de ses camarades blessé de deux coups d’épée, qui étoient mortels. Il commença par laver bien sa bouche & ses dents avec de l’eau-de-vie, puis avec de l’eau de rose, afin d’avoir l’haleine douce & sans mauvaise odeur; puis s’approchant du malade, il découverit sa plaie qui étoit toute sanglante, & l’ayant bien nettoyée en la lavant avec eau de plantain, il en étancha tout le sang, en la pressant doucement & l’essuyant avec un linge imbibé d’eau de plantain; puis approchant sa bouche de

Libro - 3

la plaie, ensorte que son haleine pouvoit réfléchir dessus, il prononça les paroles suivantes, en faisant le signe de la croix sur la plaie, comme il est ici marqué: Jesus-Christ est né, + Jesus-Christ est mort, + Jesus-Christ est ressuscite, + Jesus-Christ commande à la plaie que le sang s’arrête, + Jesus-Christ command à la plaie qu’elle se ferme, + Jesus-Christ commande à la plaie qu’elle ne fasse ni matiere, ni puanteur, + ainsi qu’ont fait les cinq plaies qu’il reçut en son saint corps + …. puis il continua à dire: Epée, je te commande, au nom & par la puissance de celui à qui toutes créatures obéisaent, de ne faire non plus de mal à cette créature, que la lance qui perça le sacré côté de Jesus-Christ, étant pendu à l’arbre de la croix: Au nom du Pere + & du Fils + & du Saint-Esprit. + Amen.

Si la plaie perce de part en part, il faut faire la même cérémonie de l’autre côté, & on la couvre d’une compresse imbibée d’eau de plantain, que l’on renouvelle de douze heures en douze heures, & le malade reçoit une prompte guérison.

Autre merveilleux pour guérir l’entorse du pied.

Il faut entreprendre cette guérison le plutôt que l’on peut, & ne pas donner le tems à l’inflammation, & l’entorse sera subtilement guérie. Celui qui fait l’opération doit déchausser son pied gauche, & s’en servir pour toucher trois fois le pied malade, en formant des signes de la croix avec ce même pied gauche en prononçant les paroles suivantes. A la premiere fois, il dire Antè, + à la seconde fois, Antè te, + à la troisieme fois, super antè te. + Le pied malade doit être touché au-dessus de l’entorse; & on s’en sert aussi-bien pour guérir les chevaux que pour guérir les hommes.

Ceux qui s’aviseront de taxer de superstition ces sortes de manieres de guérir, doivent savoir que de plus habiles gens qu’eux onx donné leurs approbations à des secrets de médecine qui tiennent autant du merveilleux, & dont les causes sont autant cachées que de ceux-là. Qui est-ce, par exemple, qui pourra expliquer par des raisons bien plysiques, ce que j’ai lu dans un livre de secrets, imprimé à Paris, avec approbation & privilege, qu’un remede infaillible pour guérir l’insomnie ou le trop grand assoupissement, c’est de prendre un gros crapaud, & d’un seul coup séparer la tête du corps, puis faire sécher cette tête? & comme il arrive toujours que des deux yeix de cette tête, quand elle est séparée, il y en a un ouvert & l’autre fermé, la personne qui doit dormir, doit porter sur soi l’?il fermé, & la personne qui est trop assoupie & qui veut veiller, doit porter sur soi l’?il du crapaud qui est ouvert. De plus, quelle merveilleuse propriété la poudre de crâne

de quelque tems on découvre le vaisseau & on ôte une petite croûte que l’on trouve sut la surface, que l’on mettra de côte; puis le reste de sa matiere sera comme de petites glaces qu’il faudra laver avec de l’eau fraîche, & les mettre sécher sur une table à l’ombre; puis on le mêlera avec les petites pierres que l’on aura mises en réserve en faisant la coulaison; ensuite vous prenez trois livres de tartre de lie de vin blanc calcinée, & les délairez dans un grand chauderon avec trente pots d’eau de forge bien clarifiée; ajoutez-y huit onces de sel nitre & une once de présure de lierre, vous y mettrez vos pierrettes & vos glaces séchées, & vous ferez bouillir le tout ensemble comme vous avez fait ci-devant; & quand la composition sera diminuée de tiers, vous y mettrez la croûte que vous aurez ôtée de dessus la surface du vaisseau deterre; & vous continuerez de le faire bouillir jusqu’à ce que, par la même épreuve que ci-devant, vous connoissiez que le tout soit bien cuit; puis vous garnirez un petit tonneau de plusieurs bâtons en croix d’espace en espace, ensorte que les premiers bâtons que vous mettrez au fond en soient éloignés de quatre doigts de hauteur, pour donner lieu aux ordures qui s’y précipitent; cela étant ainsi disposé, vous fermerez bien le tonneau & l’enfouirez dans du fumier chaud l’espace de quinze jours, pour donner lieu au borax de s’attacher & se congeler autour des bâtons; & par cette maniere vous l’aurez multiplié de plus de quatre fois autant, & l’épreuve vous fera voir qu’il est aussi bon que celui qu’on a apporté des pays étrangers.

Pour contrefaire les véritables perles d’Orient.

Vous prendrez quatre onces des plus belles & plus blanches semences des perles que vous pourrez trouver: les plus grosses sont les meilleures; vous les concasserez, & les ferez dissoudre en eau d’alun la plus pure & la plus nette, puis vous les pêtrirez l’espace d’un quart-d’heure avec une espatule d’ivoire, & quand la pâte sera en consistance, vous la laverez doucement avec de l’eau de pluie distillée, puis ayant fait évaporer cette eau sur les cendres chaudes, vous les pêtrirez de nouveau avec de l’eau de fleurs de feves; ensuite vous mettrez cette pâte dans un petit vaisseau de verre fort, bien bouché, & quand il aura été durant quinze jours en digestion dans le fumier chaud, vous formerez des perles avec cette pâte dans un moule d’argent: il sera bon d’observer que le moule contienne quatre ou cinq casses pour y former autant de perles, & qu’elles ne soient pas toutes de la mâme figure, c’est-à-dire, qu’elles soient un peu plus ou moins rondes les unes que les autres, afin de mieux imiter les naturelles; on les percera pendant qu’elles sont molles, avec

TAbella pag 218

un poil ou soie de pourceau des plus gros. Vous les suspendrez dans un alambic bien bouché, de peur que l’air ne les altere, & vous les ferez cuire de la sorte en mettant l’alambic au feu de sable modéré; quand il y aura été environ six heures, vous en retirerez les perles, & les ayant enveloppées toutes séparément dans un morceau de feuilles d’argent du plus fin & moins altéré, vous fendrez un barbeau, & ayant vuidé les entrailles & étanché le sang, vous y mettrez les perles & ferez une pâte de ce barbeau sans beurre avec de la farine de feves, & le ferez cuire au four.

Quand vous tirerez vos perles du ventre du barbeau, si elles vous paroissent n’avoir pas assez de lustre, vous les laverez cinq à six fois de suite avec eau distillée des drogues suivantes, & de l’herbe nommée graculi, des fleurs de feves, de l’alun de roche en poudre, de la litharge d’argent, des feuilles de plantain pilées, & un pen de salpêtre; enfin pour les durcir comme les naturelles, vous ferez une pâte comme je vais dire; prenez une once & demie de bonne calamine, une once de vitriol romain, six blancs d’?ufs, que vous battrez avec eau de plantain durant un demi-quart-d’heure, & vous mêlangerez le tout ensemble dans un alambic; & de l’eau qui en distillera, vous en formerez une pâte avec de la farine d’orge passée au tamis de soie, & vous envelopperez vos perles dans un petit linge blanc, vous les ferez cuire au four dans cette pâte, & soyez persuadé que si vous observez toutes ces choses avec exactitude, vous aurez des perles d’un grand prix, que les plus habiles jouailliers auront peine à distinguer des naturelles.
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Pour contrefaire du musc qui sera jugé aussi exquis que le naturel oriental.

Vous aurez une voliere ou petit colombier bien exposé au soleil levant, dans un lieu gai, vous mettrez six pigeons pattus, des plus noirs que vous pourrez avoir, & tous mâles, & vous commencerez aux trois derniers jours de la lune à donner la semence d’aspic, au lieu d’autres graines qu’on donne ordinairement aux pigeons, & au lieu d’eau commune, vous leur donnerez à boire d’eau rose. Puis au premier jour de la lune, vous les nourrirez de la maniere suivante; vous aurez une pâte composé de fine farine de feves, environ le poids de six livres, que vous pêtrirez avec de l’eau rose & les poudres ci-dessous spécifiées; savoir, des fleurs de spica nardi, de calami aromatici, de chacun six drachmes, de bonne canelle, de bons clous de girofle, de noix muscades & de gingembre, chacun

….

 



SECRETS
MERVEILLEUX,
Lesquels se doivent prendre & composer
dessous les influences des étoiles,
pour guérir en peu de tems les
infirmitiés ci-dessus écrites.


Secret admirable pour se conserver toujours en santé, souvent mis en usage par sa majesté Charles V.

PRenez à l’heure du Soleil, comme auteur de la vie, quatre branches de rue, neuf grains de genievre, une noix, une figue seche, & un peu de sel; pilez le tout ensemble & le mangez à jeun en plusieurs fois.

Pour connoître si un malade vivra ou mourra.

Divers sont les jugemens qui se font d’aucuns, si un malade doit vivre ou mourir; mais je publierai ce présent signe infaillible, duquel se pourra servir un chacun, & en faire un ferme jugement; prenez une ortie & la metrez dans l’urine du malade, incontinent après que la malade l’aura faite, & qu’elle ne soit point corrompue, & laissez l’ortie dans ladite urine l’espace de vingt-quatre heures; & après si l’ortie se trouve seche, c’est signe de mort; & si elle se trouve verte, c’est un signe de vie.

Pour se préserver de la goutte.

Ce mal est causé de Saturnr; prenez à l’heure de Mars ou de Vénus, l’herbe nommée marterica, que vous pilerez & mêlerez avec le jaune d’un ?uf cuit en façon d’une omelette, & mangez-en à jeun, cela vous préservera tout-à-fait de la goutte.

Pour les fistules.

Ce mal est causé par Mars; prenez à l’heure de Saturne ou de Jupiter ses ennemis, la racine de lireos mise en poudre, que vous mêlerez avec la cendre des huîtres brûlées, sain de pourceau, & vous l’appliquerez sur la fistule.

Pour lever les taches de la petite vérole.

Ce mal est causé par Mars; prenez à l’heure de la Lune, Mercure Saturne ou Jupiter, ses ennemis, litharge, racine de cannes seches, farine de pois chiches, farine de ris; pilez & mêlez avec l’huile d’amandes douces & graisse de mouton liquéfiée; & il en faut oindre le visage, & le laisser ainsi toute la nuit & la matinée; & le laverez avec de l’eau chaude.

Pour la pierre de la vessie.

Ce mal est causé de la Lune; prenez à l’heure de Mars ou Mercure, des scorpions, mettez-les dans un pot de terre neuf qui ait la bouche étroite, & le mettez dans un four qui ne soit pas trop chaud, l’espace de six heures, puis l’ôtez, & en pilez subitement.

Aux douleurs de coliques.

Ce mal est causé de la Lune; prenez à l’heure de Mars ou Mercure, ses ennemis, le fruit de laurier, & en faites une poudre, & en donnez à boire le poids de deux drachmes, avec vin aromatique, cela ôtera la douleur.

Pour la difficulté d’uriner.

Ce mal est causé de la Lune; prenez à l’heure de Mars ou Mercure, ses ennemis, la feuille de semence du triolet, & la semence d’abrotanus, & les faites bouillir dans de l’eau; en laquelle décoction vous ajouterez une cantharide sans tête, pieds & aîles, mise en poudre; & en boirez une cuillerée, cela fera uriner.

Pour l’hydropsie.

Ce mal est causé de Saturne; prenez à l’heure de Mars ou Vénus, ses ennemis, un faisan, tuez-le & en prenez le fang; donnez-en deux verres à boire, & le malade guérira infailliblement.

Pour les douleurs de l’estomac.

Ce mal est causé du Soleil; prenez à l’heure de Mars, Mercure ou la Lune, ses ennemis, une poule & la tuez, & levez dehors cette peluche qui se trouve dans le petit ventre, & en faites une poudre, la donnant à boire avec du vin, c’est un bon remede.

FIN.

 

Table de la levée du Soleil sur les dix-sept provinces.

Calendario

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Table de la levée du Soleil sur l’Italie & la France.

Calendario con Nazioni

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